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Fertilisation

Sécuriser la robustesse du colza en sortie d’hiver

Colza sortie hiverLa sortie d’hiver marque une phase critique de la culture du colza. L’augmentation des températures favorise l’activité des bioagresseurs, tels que les larves d’altises et les charançons de la tige. L’objectif est que la croissance de la tige s’amorce avant que les larves n’atteignent le cœur des plantes.

La reprise dynamique en sortie d’hiver constitue le troisième pilier d’une implantation réussie, après la levée précoce et la croissance soutenue à l’automne. Elle dépend du climat, du statut azoté du colza et de la variété. La précocité de la variété choisie joue un rôle crucial, mais il est également possible de la renforcer par une bonne fertilisation. Pour assurer une reprise rapide, la plante doit bénéficier d’une nutrition minérale correcte pour garantir un bon enracinement et un développement rapide de son appareil végétatif.

Des nutriments essentiels

Pour limiter les carences nutritionnelles, la fertilisation doit cibler la fourniture d’azote et de phosphore en priorité. L’évaluation de la biomasse du colza en sortie d’hiver et la mesure des reliquats azotés dans le sol permettent d’ajuster la fertilisation au plus juste pour une nutrition optimale. Les apports d’azote sont essentiels au bon développement du système racinaire du colza et sont d’autant plus impactants en cas d’hiver pluvieux : la reprise au printemps sera plus soutenue. Pour les apports nécessaires en phosphore, le calcul passe par la méthode du Comifer : la quantité à apporter dépend de l’exigence de la culture et des teneurs du sol. Les cultures de colza sont considérées exigeantes en phosphore et moyennement exigeantes en potassium, c’est-à-dire que leur rendement sera affecté en cas de carence. L’absence en quantité suffisante de ces éléments essentiels peut perturber le développement de la plante, notamment de ses feuilles et de ses graines. Pour accélérer la montaison, l’association d’azote, de phosphore et d’autres éléments fertilisants, comme le soufre par exemple, représente un véritable levier de robustesse.

Bien préparer le sol

Pour garantir une culture robuste, la préparation minutieuse du sol et la gestion optimale de la nutrition azotée et phosphatée sont essentielles. Au printemps, il s’agit de restaurer le stock des sols en azote, afin que les plants de colza trouvent le nécessaire à leur croissance. Limiter le nombre de passages de tracteur, notamment dans les sols argileux, permet de préserver la structure et les résidus du précédent. L’enfouissement des tiges et des feuilles riches en phosphore, peut également faciliter la reprise tout en limitant les apports d’engrais minéraux.

La culture du colza exige une approche stratégique dès son implantation jusqu’à la pleine croissance. La sortie d’hiver constitue un défi, que la fertilisation peut aider à remporter. Avec une planification efficace et des pratiques d’implantation judicieuses, chaque étape contribue à garantir un colza robuste et productif.

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