L’engrais bas-carbone: un levier efficace pour décarboner les productions
Les engrais bas-carbone sont le premier levier pour maintenir une production élevée de biomasse et réduire l’empreinte climatique des systèmes de culture.
Le carbone est au centre du projet de l’agriculture régénérative qui vise à maintenir un niveau de production élevé avec la régénération des ressources comme l’air, l’eau et la terre. Or le premier impact négatif des productions végétales sur les émissions de gaz à effet de serre vient de l’engrais, et c’est aussi le premier levier pour activer la photosynthèse et donc la captation naturelle de carbone de l’air. Dans ce contexte, les solutions d’engrais bas-carbone sont présentées comme le premier levier dans les démarches de cette nouvelle forme d’agriculture.
Plus de biomasse
L’agriculture régénérative repose sur un principe agronomique central : produire suffisamment de biomasse pour alimenter le sol en carbone et maintenir l’activité biologique. Or cette production dépend directement de la nutrition minérale des cultures. Les éléments nutritifs apportés par les fertilisants, notamment l’azote, le phosphore et le potassium, sont indispensables à la croissance végétale et donc à la formation de résidus végétaux, racinaires et organiques qui alimentent le stock de carbone du sol. Les fertilisants riches en éléments minéraux et en carbone jouent ainsi un rôle structurant dans la vitalité biologique du sol, en favorisant le développement des bactéries, des champignons et de la faune du sol.
Moins de carbone émis
La dynamique biologique constitue l’un des mécanismes fondamentaux de la fertilité durable. Par ailleurs, des technologies de production d’engrais bas carbone émergent qui reposent notamment sur la réduction des émissions industrielles, la capture du carbone ou l’utilisation d’énergie décarbonée. Par exemple, la production d’ammoniac à partir d’électricité décarbonée ou de biogaz constitue une voie technique pour diminuer fortement les émissions associées à la fabrication des engrais azotés. Associés à l’agriculture régénérative, ces engrais peuvent considérablement améliorer le bilan des émissions de gaz à effet de serre des grandes cultures.
Plus d’efficacité
Les engrais qui améliorent l’efficacité d’utilisation de l’azote constituent aussi un levier direct et mesurable de réduction des émissions de gaz à effet de serre au champ, en particulier celles de protoxyde d’azote (N₂O). L’enjeu agronomique central repose sur un principe simple : plus l’azote apporté est absorbé par la culture et valorisé en biomasse, moins il reste d’azote disponible pour être perdu dans l’environnement sous forme gazeuse ou lixiviée. L’enjeu des engrais bas-carbone est donc également l’adoption des pratiques et des technologies comme les inhibiteurs pour limiter les émissions de gaz à effet de serre en améliorant l’efficacité de l’engrais.
Combiner les leviers
La transition vers des systèmes régénératifs ne peut pas se faire sans une fertilisation efficace et sécurisée. Une réduction excessive des apports nutritifs entraîne mécaniquement une baisse de production de biomasse, donc une diminution des entrées de carbone dans le sol et une dégradation progressive de la fertilité. À l’inverse, une fertilisation optimisée, associée à des engrais à faible empreinte carbone, permet simultanément de maintenir les rendements, de soutenir la vie biologique du sol et de limiter les émissions de gaz à effet de serre.