pH du sol et azote : un levier clé pour mieux valoriser la fertilisation

Dans les sols alcalins, la principale mesure agronomique consiste à adapter la forme d’engrais et son application (enfouissement par exemple) pour éviter la volatilisation.
Un sol dont le pH n’est pas maîtrisé limite directement l’efficacité agronomique de l’azote apporté, quelle que soit la forme d’engrais utilisée.
Le niveau d’acidité du sol conditionne à la fois la transformation de l’azote dans le sol, sa disponibilité pour les cultures et les pertes potentielles par volatilisation, lessivage ou immobilisation biologique.
Dans les sols acides, l’activité des micro-organismes nitrifiants est pénalisée. Cette réduction d’activité se traduit par une moindre transformation de l’ammonium en nitrate et donc par une disponibilité plus faible de l’azote pour la plante. En parallèle de cela, dans un sol acide, l’enzyme responsable de la transformation finale du protoxyde d’azote (N₂O très émissif) en diazote (N₂ non émissif) fonctionne moins bien. Ainsi, le bilan agronomique ainsi que le bilan écologique sont dégradés en conditions de sol acide. En parallèle, dans un sol trop acide, la disponibilité du phosphore, du calcium et du magnésium diminue, tandis que la toxicité de l’aluminium peut augmenter. Dans les sols alcalins à pH élevé, le risque dominant vis-à-vis de l’azote est la volatilisation ammoniacale après l’apport d’engrais de type urée ou solution azotée. Les pertes par volatilisation peuvent augmenter significativement lorsque le pH du sol dépasse 7,5 et que les conditions climatiques favorisent l’évaporation.
Pour viser une efficacité optimale de l’azote, il est donc conseillé de surveiller le pH de son sol. Dans les sols acides, un correctif peut être apporté par le chaulage. Dans les sols alcalins, la principale mesure agronomique consiste à adapter la forme d’engrais et son application (enfouissement par exemple) pour éviter la volatilisation.


