Objectif vigueur pour la levée du colza

L’objectif général est d’atteindre un peuplement de 20 à 35 plantes par mètre carré selon les variétés, pour éviter les surdensités qui augmentent le risque d’élongation, notamment dans les sols profonds à forte disponibilité en azote. (A. DUFUMIER)
L’adoption d’une date de semis suffisamment précoce complétée par une nutrition azotée adaptée, font partie des leviers majeurs pour tenter d’esquiver les problématiques de ravageurs à l’automne.
« C’est la levée qui fait le colza », a-t-on coutume de dire. Et pour cause, les difficultés d’implantation sont assez fréquentes et peuvent aller parfois jusqu’à compromettre le potentiel de rendement et même l’aboutissement de la culture. Le principal enjeu pour les agricultrices et agriculteurs, au moment du semis, est donc d’assurer une levée rapide et homogène qui permettra aux plants de dépasser rapidement les stades sensibles et d’exprimer au mieux leur potentiel génétique de rendement.
Semer tôt
La date de semis est déterminante. Il est recommandé par Terres Inovia de semer assez tôt, entre le 1ᵉʳ août et le 20 août, voire jusqu’au 10 septembre selon les régions, le type de sol et la météorologie de l’année. Il est nécessaire d’anticiper les épisodes pluvieux qui sont parfois rares à cette période, pour assurer la nécessaire hydratation de la semence pour la germination et la croissance de la jeune plantule. Un semis précoce réussi favorise une levée rapide et permet au colza d’atteindre le stade clé à quatre feuilles avant le 20-25 septembre, période de pic des vols d’altises.
Cible de peuplement
Pour réussir en semis précoce, la préparation du lit de semence est essentielle. Un sol bien structuré, travaillé superficiellement pour préserver la fraîcheur, et un semis à une profondeur de 2 cm (lorsque l’humidité est satisfaisante) favorisent une levée homogène. L’objectif général est d’atteindre un peuplement de 20 à 35 plantes par mètre carré, selon les variétés, pour éviter les surdensités qui augmentent le risque d’élongation, notamment dans les sols profonds à forte disponibilité en azote. La technique du semis au semoir monograine encore appelé semoir de précision est possible comme alternative au semoir à céréales pour viser une qualité de semis supérieure avec un écartement plus fort.
Vigueur face aux agresseurs
La nutrition azotée joue un rôle clé dès l’implantation. Un apport d’azote au semis, sous forme organique ou minérale, peut être bénéfique, notamment en cas de semis très précoce. Selon les fournitures du sol, il peut être conseillé d’apporter 30 unités d’azote avant le 1ᵉʳ septembre, ou 10 unités en localisé (vérifier la réglementation locale). Ces apports favorisent une croissance dynamique à l’automne et renforcent la robustesse des plantes face aux ravageurs. La disponibilité de l’azote aurait aussi pour effet de limiter le risque de floraison précoce qui est plus élevé lorsque le colza a été semé tôt et en lien avec le réchauffement climatique.
Pompe à nutriments
À cette période, la plante de colza a la capacité de pomper l’azote et de le stocker dans ses tissus. Cet azote absorbé n’est donc pas perdu et peut même être source d’économies ultérieures. L’azote capté à l’automne et durant l’hiver sera en effet utilisé par la plante au printemps, si bien que le calcul de la dose finale en tient compte. Au semis, l’association du colza avec des plantes compagnes, notamment des légumineuses gélives comme la féverole, le trèfle d’Alexandrie ou la vesce, présente plusieurs avantages. Ces plantes jouent un rôle de leurre vis-à-vis des ravageurs, contribuent à la nutrition azotée de la culture et participent à la couverture du sol, réduisant ainsi la concurrence des adventices. Sachant qu’un désherbage unique en prélevée permet de contrôler les mauvaises herbes en situation de flore dite simple. Dans les situations plus complexes, des stratégies sous forme de programmes, avec éventuellement des rattrapages, peuvent s’envisager.

