Bien interpréter ses analyses de sol
L’analyse de sol est un outil précieux pour les agricultrices et agriculteurs dans le but d’optimiser leurs pratiques culturales et la fertilisation. Encore faut-il avoir une bonne lecture des paramètres.
Réguler ses apports d’engrais de fond et ses amendements, piloter sa matière organique, choisir la bonne forme d’engrais, moduler ses pratiques de culture ou ses assolements… L’analyse de sol est un excellent outil d’aide à la décision, en complément des observations de terrain comme le profil de sol.
Composition
La première information portée par une analyse de sol concerne le type de sol lui-même et ses qualités. La composition est donnée par la part des grandes fractions constitutives que sont les argiles, les limons, les sables, la matière organique et la porosité. Une structure de sol adaptée aux cultures doit généralement présenter au minimum 50 % de porosité. Cette composition permet de positionner le sol sur un triangle de texture, et ainsi de présager selon le type d’appartenance, de ses propriétés et de sa sensibilité vis-à-vis du lessivage, de la battance, de l’hydromorphie ou de la compaction, en complément des observations de terrain.
Choix de la forme d’engrais
Ces premières informations, corrélées à la connaissance du terrain, sont primordiales pour décider de ses assolements et de ses pratiques en matière de travail du sol ou même de fertilisation. La fertilisation azotée dans ses modalités de forme, de doses ou de dates d’épandage, sera à adapter selon que le sol est sensible au lessivage ou au contraire sensible à l’hydromorphie, en complément des considérations liées à la culture, au climat, au coût et à l’équipement disponible.
Biodisponibilité des minéraux
L’analyse du pH a son importance en matière de nutrition, car le pH joue sur la nutrition. Des pH acides inférieurs à 5,5 sont réputés pour provoquer des phénomènes de toxicité avec dissolution d’un excès d’ions aluminium. Avec des pH basiques supérieurs à 7,5, la biodisponibilité des minéraux et des oligoéléments chute. En laboratoire, il est mesuré un pH eau, qui reflète de façon assez fidèle l’acidité du milieu dans la solution du sol après une pluie, par exemple. Le pH KCl reflète quant à lui le niveau d’acidité totale, y compris celle qui est attachée plus intimement sur les différentes fractions du sol.
Fertilité « cationique »
Une part de la fertilité minérale d’un sol est liée à la disponibilité en ions chargés positivement (les cations) comme le calcium, le potassium et le magnésium. La capacité d’échange cationique mesure la capacité maximale du sol à mettre en réserve ces éléments. Cette information – en complément des teneurs données du sol en cations, permet d’envisager de restaurer des proportions plus optimales des minéraux sur la CEC et ajuster ses doses pour ne pas apporter plus que la CEC est capable de supporter. En outre, une CEC anormalement faible sera l’indicateur pour mettre en place des mesures de régénération par des apports de matière organique notamment.
Interpréter l’azote
L’azote total indique la quantité d’azote présente dans le sol, incluant l’azote organique et minéral. L’azote total révélé ne reflète donc pas la disponibilité immédiate de l’azote pour les plantes et ne se substitue pas à l’analyse des reliquats en sortie d’hiver. En complément avec la mesure du rapport Carbone/Azote et celle du taux de matière organique, l’azote total apporte cependant une information sur le capital azoté du sol, et sa capacité à minéraliser des quantités plus ou moins importantes pour les plantes lorsque les conditions le permettent.
Plusieurs méthodes pour le phosphore
Les quantités de phosphore dans les sols sont colossales, mais seule une petite part est disponible pour les plantes. Pour refléter de façon la plus fidèle possible cette fraction, plusieurs méthodes de référence existent. Selon le type de sol, il faut veiller à choisir la méthode la plus adaptée.

En laboratoire, il est mesuré un pH eau, qui reflète de façon assez fidèle l’acidité du milieu dans la solution du sol après une pluie par exemple. (A. DUFUMIER)

