Comment améliorer l’efficacité de la nutrition azotée ?

L’utilisation d’inhibiteurs de nitrification ou d’uréase constitue un levier reconnu pour améliorer l’efficacité de l’azote en réduisant les pertes gazeuses et la lixiviation du nitrate.
L’azote minéral est un élément très mobile et sensible aux pertes dans l’eau ou dans l’air. Plusieurs leviers sont à mobiliser pour améliorer l’efficacité de la nutrition azotée.
Idéalement chaque unité d’azote apportée aux cultures devrait être efficacement utilisée par les cultures dans le cadre de leur nutrition. Cependant l’azote est un élément tellement mobile qu’une part significative se trouve lessivée ou volatilisée dans l’atmosphère. Au-delà de l’aspect environnemental, ces pertes ont des effets agronomiques et économiques en cascade pour les agricultrices et les agriculteurs. Car outre le manque à gagner, toute unité d’azote perdue par lessivage entraîne un effet d’acidification du sol qu’il faudra ensuite compenser par chaulage ce qui engendre des coûts d’exploitation. Par ailleurs toute acidification du sol au-delà de certains seuils pourra pénaliser l’efficacité de l’azote et donc amplifier le phénomène.
Reliquats
Pour éviter ces pertes, le premier enjeu repose sur un principe simple : ajuster la dose, la forme et la date d’apport aux besoins réels de la culture et aux capacités du sol à fournir de l’azote. Le calcul de la dose optimale nécessite ainsi de prendre en compte les fournitures totales en azote du sol, notamment le reliquat au semis et la minéralisation de l’humus, afin de viser une efficacité maximale de l’engrais apporté. Ne pas négliger donc ce calcul et si possible en ayant recours à des mesures in situ des reliquats et des analyses de sols. Dans la pratique, une sous-estimation du reliquat ou de la minéralisation conduit à des apports excédentaires, qui se traduisent mécaniquement par une baisse d’efficacité agronomique et une augmentation des pertes d’azote vers l’environnement et aussi une dégradation du statut pH des sols lorsqu’ils sont sensibles à l’acidification.
Synchroniser l’apport d’azote
Le positionnement des apports constitue un levier majeur d’efficacité, car la plante n’absorbe l’azote que lorsqu’elle est en croissance active. Un apport réalisé trop tôt ou trop tard expose l’azote à des pertes importantes. Des références montrent que le fractionnement des apports permet d’améliorer l’efficacité de la fertilisation, en particulier dans les situations à risque de lixiviation ou pour des doses élevées. Sur maïs, par exemple, il est recommandé de fractionner l’apport principal lorsque la dose totale dépasse 200 kg N/ha ou lorsque les sols sont sensibles au lessivage. De la même manière, le positionnement d’un apport tardif en céréales, au stade dernière feuille étalée à gonflement, permet d’augmenter simultanément le rendement et la teneur en protéines lorsque la dose est ajustée au potentiel réel de la culture. En céréales à paille, les coefficients apparents d’efficacité de l’azote sont par ailleurs bien meilleurs lorsque la culture parvient à des stades de maturité plus avancés. Fractionner l’azote permet ainsi de soutenir la croissance des plantes tout au long du cycle tout en améliorant l’efficience globale de l’engrais. Un facteur déterminant de l’efficacité des apports reste la disponibilité en eau après l’application. Cette dimension climatique devient centrale dans un contexte de variabilité croissante des conditions hydriques.
La bonne forme

Dans la pratique, une sous-estimation du reliquat ou de la minéralisation conduit à des apports excédentaires, qui se traduisent mécaniquement par une baisse d’efficacité agronomique et une augmentation des pertes d’azote.
La forme d’azote utilisée influence directement l’efficacité de la fertilisation, car elle conditionne la vitesse de transformation de l’azote dans le sol et son exposition aux pertes. Les ammonitrates présente généralement une efficience technique supérieure à l’urée ou à la solution azotée lorsque ces dernières sont utilisées sans additif ou enrobage. L’utilisation d’inhibiteurs de nitrification ou d’uréase constitue un levier reconnu pour améliorer l’efficacité de l’azote en réduisant les pertes gazeuses et la lixiviation du nitrate. Ces additifs ralentissent la transformation de l’azote dans le sol, ce qui prolonge sa disponibilité pour la plante.
Valoriser le sol et la rotation
L’efficacité de la nutrition azotée dépend fortement du fonctionnement du sol et de sa fertilité globale. Favoriser des enracinements profonds via une bonne structure de sol est un atout pour gagner la course face au lessivage des nitrates. Les couverts végétaux ont aussi fait leur preuves sur la gestion et le piégeage de l’azote du système de culture. L’amélioration de l’efficacité de la nutrition azotée repose aussi désormais sur des outils de pilotage permettant d’ajuster les apports parfois en temps réel, en combinaison avec des matériels adaptés à la modulation des apports. L’objectif est d’apporter la juste dose au bon moment et au bon endroit, sur chaque zone de la parcelle.


