Solution azotée additivée : c’est gagné

Légende photo : La solution azotée présente l’avantage de pouvoir être additivée de minéraux ou oligoéléments pour apporter en un seul passage différents éléments à destination des sols et des plantes.
Cette forme d’engrais offre une grande souplesse aux agriculteurs avec des gains opérationnels et agronomiques qui peuvent être encore accrus, par le recours à différents compléments.
La solution azotée est très appréciée dans les systèmes de grandes cultures notamment, car elle permet d’avoir des débits de chantier importants pour valoriser des fenêtres météorologiques assez courtes, avec une régularité d’application excellente. Cependant, les résultats opérationnels et agronomiques obtenus avec la « solaz » peuvent encore être accrus. Des additifs, qui pour une partie, améliorent l’efficacité du produit, permettent de traiter plus de surfaces avec le même volume embarqué. Par ailleurs, les additifs à base de soufre (voire d’autres éléments) font gagner du temps car ils évitent des passages additionnels.
Un déficit d’efficacité à combler
La solution azotée additivée répond d’abord à un enjeu agronomique précis qui est d’améliorer l’efficience de l’azote apporté au champ en limitant les pertes et en sécurisant la nutrition des cultures dans des conditions pédoclimatiques variables. Par ricochet c’est l’efficacité du chantier qui se trouve réduite ainsi que le retour sur investissement de l’engrais. Selon une synthèse présentée aux dernières Rencontres Comifer-Gemas, les pertes par volatilisation peuvent atteindre 10 à 30 % de l’azote appliqué, tandis que le lessivage peut représenter jusqu’à 18 % en moyenne en Europe.
Réduire la volatilisation
La première fonction agronomique des additifs utilisés avec la solution azotée concerne la limitation des pertes par volatilisation. Les instituts techniques rappellent que ce risque dépend fortement des conditions climatiques et du type de sol. Le risque est plus élevé en situation sèche, chaude ou ventée, ou sur sols à pH élevé. Dans ces situations, l’ajout d’un inhibiteur spécifique permet de ralentir certaines réactions enzymatiques responsables de ces pertes, ce qui maintient davantage d’azote dans le système sol-plante pendant la phase critique d’absorption.
Réduire le lessivage
La deuxième fonction des additifs concerne la régulation de la transformation de l’azote dans le sol, en particulier le processus de nitrification. Ce mécanisme microbiologique transforme l’azote ammoniacal en nitrate, forme plus mobile dans le sol et donc plus exposée au lessivage. Des études agronomiques montrent que certains additifs retardent cette transformation et réduisent ainsi le risque de pertes par lixiviation ou d’émissions de protoxyde d’azote. La disponibilité dans le sol est prolongée, ce qui peut sécuriser l’alimentation azotée de la culture sur une période plus longue. Certains produits, décrits comme biostimulants ou activateurs métaboliques, visent quant à eux à stimuler l’absorption ou l’assimilation de l’azote, notamment en conditions climatiques limitantes.
Penser au soufre
La solution azotée présente l’avantage de pouvoir être additivée de minéraux ou oligoéléments pour apporter en un seul passage différents éléments à destination des sols et des plantes. Parmi les technologies disponibles, le cas du soufre constitue un exemple particulier d’additif multifonctionnel, car il combine un effet nutritionnel et un effet sur la dynamique de l’azote dans le sol. Le thiosulfate d’ammonium est un engrais liquide riche en soufre qui peut être incorporé directement dans la solution azotée afin de réaliser un apport simultané d’azote et de soufre lors d’un même passage. Cette substance agit comme un agent réducteur capable d’interagir avec certaines enzymes impliquées dans la volatilisation et la nitrification. Cette interaction entraîne une diminution de l’activité enzymatique responsable de ces transformations, ce qui contribue à limiter les pertes d’azote après l’épandage. Certains spécialistes mettent en avant les avantages du thiosulfate dans la solution azotée en tant qu’antioxydant. Il favoriserait ainsi la biologie des sols en maintenant un potentiel redox (d’oxydoréduction) favorable.


