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Fertilisants

Minéralisation de printemps : quel impact sur la fertilisation ?

La compréhension du cycle naturel de minéralisation est indispensable pour réguler les apports d’engrais et installer un programme de fertilisation favorable pour les cultures de printemps.

Selon le travail du sol, la dynamique de minéralisation diffère : entre un système conduit en agriculture de conservation du sol et un labour, les écarts sont importants. La capacité à comprendre ces différents systèmes et leur impact sur le sol constitue un prérequis essentiel pour bien adapter ses pratiques de fertilisation et favoriser l’installation et le bon développement de ses cultures de printemps.

Oxygène, chaleur, humidité et matière organique

La minéralisation du sol repose sur l’action de micro-organismes, qui transforment la matière organique. Pour ce faire, ces micro-organismes ont besoin d’oxygène, de températures (douces à chaudes) et d’humidité. L’intensité de la minéralisation dépend aussi du taux de matière organique : plus elle est élevée, plus la minéralisation est intense.

Un pic de minéralisation au printemps et un pic à l’automne

Un sol non travaillé connaît deux pics de minéralisation. Le premier se déroule à la sortie de l’hiver. En se retirant du sol, l’eau permet à l’oxygène d’entrer dans le sol. La terre se réchauffe progressivement, entraînant une augmentation de l’activité des micro-organismes. Le pic de minéralisation s’étend alors d’avril à juin. Un second pic, plus intense, a lieu à l’automne, après les premières pluies, sur une période plus courte, lorsque le sol est suffisamment réchauffé et bien drainé.

Dans le cas d’un travail du sol traditionnel, l’apport d’oxygène sera plus important et l’activité des micro-organismes plus intenses : le pic de minéralisation s’amplifie. Plus le travail du sol est profond, plus la quantité d’oxygène est importante et le pic de minéralisation intense. Cela permet une installation plus rapide des cultures.

Bien tenir compte des reliquats azotés en sortie d’hiver

Ces différences vont avoir un impact important sur les reliquats d’azote. Dans le cas d’un système en agriculture de conservation des sols, les reliquats sont très bas à la sortie de l’hiver : aucun travail du sol à l’automne et consommation des éléments minéraux par les couverts végétaux en sont les causes. Dans ce cas, l’apport d’engrais, en amont et en quantité suffisante, revêt une importance primordiale. À l’inverse, avec un travail du sol conventionnel, les reliquats sont élevés et la fertilisation azotée doit en tenir compte pour satisfaire les besoins, sans excès, afin de ne pas générer de problématiques liées au transfert de nitrates : qualité des eaux, maladies racinaires, pucerons, etc.

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