Gérer les apports organiques à l’automne

La période est idéale pour viser des objectifs de fertilité physique et biologique en améliorant les taux de matière organique ou la porosité du sol. Les apports sont alors plutôt riches en fibres lignifiées.
Apporter ses engrais organiques à l’automne. L’opération relève parfois plus de la contrainte que de réels choix agronomiques. À cette période, les éleveurs notamment sont poussés à vider leurs capacités de stockage en effluents pour pouvoir passer l’hiver et ses interdictions d’épandage. En outre, les conditions de portance des sols à l’automne sont parfois plus aléatoires pour passer avec des matériels alourdis par la charge de ces matières pondéreuses. Et pourtant, l’automne est une période de choix du point de vue de la fertilité globale des sols.
Copier la nature
Avec les apports d’automne, l’objectif est de s’appuyer sur cette période propice à l’assimilation dans les régions tempérées. C’est en effet la période où se produit la chute des feuilles et l’humification sous le contrôle notamment des champignons. On privilégie ainsi, à cette période, des apports de matières suffisamment chargées en fibres avec des rapports carbone/azote élevés.
Fonctionnalités additionnelles
Cette pratique va permettre d’activer la décomposition par les flores fongiques du sol. Mieux synchronisés avec la biologie du sol, ces apports visent des fonctions portant sur l’amélioration de la structure (fertilité physique), la croissance des taux de matière organique, mais aussi la fertilité biologique globale.
Vigilance sur l’azote
Les apports d’automne contribuent également à l’enrichissement du sol en minéraux du fait de la présence notamment de phosphore, de potassium et d’autres éléments bénéfiques. Cette dégradation des matières à l’automne, les prépare à une minéralisation plus efficace et mieux synchronisée avec le démarrage des cultures au printemps. À cette période où la végétation est peu active, et les précipitations élevées, le risque est cependant de perdre une partie de l’azote sous sa forme nitrate très mobile. Les apports plus chargés en azote biodisponible comme les lisiers, fumiers frais ou les digestats, méritent alors d’être combinés à des matières plus évoluées pour reconstituer une ration équilibrée.

À cette période où la végétation est peu active, et les précipitations élevées, le risque est de perdre une partie de l’azote sous sa forme nitrate très mobile. A. DUFUMIER

